Ce rapport, fruit d’une recherche financée par l’INJEP et hébergée par la Maison des sciences de l’homme et du Pacifique, est né d’une énigme : selon les chiffres disponibles, la Polynésie française connaîtrait le plus fort taux de violences familiales sur l’ensemble du territoire national, outre-mer compris, sans que l’on sache expliquer ce fait statistique. Face à ce constat les pouvoirs publics se trouvent relativement démunis, faute d’analyses suffisamment étayées pour orienter les politiques de prise en charge. Le présent rapport constitue une première étape en vue de pallier ce manque.

L’enquête part d’un constat patent et pourtant sous-étudié : dans leur organisation sociale et « idéologique », les familles polynésiennes diffèrent très fortement des familles métropolitaines. Avant d’étudier les violences familiales, il convient donc d’éclairer au préalable ces caractéristiques, en l’absence de travaux récents en la matière.

Le rapport procède ensuite à un travail de clarification définitionnelle afin de cerner précisément les contours de la famille contemporaine, en Polynésie française, et de se doter d’une conception précise de la violence, comme fait social.

Cette étape permet, dans un second temps, de cerner une série de spécificités sociales – idéologie familiales, relations sociales au sein de la parenté, mobilités territoriales et familiales, rapport de filiation, formes résidentielles – et d’appréhender ainsi finement le contexte dans lequel se développent les violences au sein des familles de Polynésie française.

Le rapport met alors en lumière les processus de surgissement et de pérennisation de la violence dans le cadre familial. Pour ce faire, il montre que la violence est une pratique difficile, ordinairement inhibée par la dynamique intrinsèque des interactions sociales. Elle présuppose ainsi, pour s’installer et durer, un travail interactionnel qui permet d’agencer des situations propices à l’effectuation de la violence, en stabilisant notamment les rôles de victime, d’auteur et de témoin.

Le rapport conclut en dégageant les modalités possibles de sortie de la violence, à partir des matériaux empiriques recueillis, ouvrant ainsi des pistes pour l’action publique.

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