La séance se tiendra le jeudi 22 avril de 17h à 18h30 en salle G2-2 de l'UPF.

Organisation /contacts : Loïs Bastide (UPF, EASTCO/IRS Université de Genève) : lois.bastide@upf.pf ; Alice Simon (UPF, MSH-P) : alice.simon@upf.pf

 

Résumé :

En tant que sujet d’étude, les renaissances culturelles océaniennes ont fréquemment été abordées sous l’angle de la déconstruction, comme des traditions « inventées », ou comme des processus ayant favorisé le développement de nationalismes importés d’Occident (Babadzan, 2009). Ainsi leur contribution à la remise en cause du poids de la colonialité a plus rarement été soulignée. Il s’agira donc dans un premier temps de resituer ces mouvements d’affirmation culturelle dans le cadre théorique de l’énonciation d’une différence (Bhabha, 2006) et de la philosophie de la libération (Grosfoguel, 2015). En se focalisant plus précisément sur la Polynésie française, l’objectif sera ensuite de rendre compte de la diversité géographique du processus de renaissance culturelle. Dans un territoire où le nationalisme culturel synthétisé par le terme mā'ohi n’a pas vraiment convaincu, l’énonciation d’une différence se joue à d’autres échelles : le plus souvent celle de l’archipel, parfois d’un groupement d’îles, d’une seule île, ou d’une vallée. A l’autre extrémité, les acteurs impliqués dans ces renaissances peuvent associer leur énonciation à des territoires plus vastes comme la Polynésie ou l’Océanie participant ainsi à différentes formes de régionalisme culturel. Le lien entre renaissance culturelle et nationalisme est ici remis en cause. Enfin, il ne s’agira pas simplement de constater l’existence d’une diversité de renaissances culturelles en Polynésie française mais d’utiliser l’approche par échelles (tant spatiales que temporelles) pour analyser une partie des tensions qui accompagnent ce processus et lui confèrent une dynamique conflictuelle caractéristique.

 

Florence Mury

Florence Mury est géographe, doctorante au sein du laboratoire GEOLAB de l’université de Limoges et ATER à l’université de Versailles-Saint-Quentin. Elle a enseigné quatre ans à l’UPF, de 2016 à 2020, et est toujours membre accueillie au sein du laboratoire EASTCO à Tahiti. Ses travaux s’inscrivent dans le champ des études décoloniales et portent sur les renaissances culturelles en Polynésie française ainsi qu’en Océanie.