Le CRESAT et la MSH-P ont le plaisir de vous inviter à la sixième séance du cycle de séminaires 2020-2021

« Pour une histoire transnationale et comparée des installations et des essais nucléaires »,

en visioconférence, le jeudi 15 Avril 2021 de 18 à 20h.

« LA MESURE DES ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS AU SAHARA :

DIPLOMATIE, COOPÉRATIONS ET TENSIONS TRANSNATIONALES »,

Austin R. COOPER, doctorant en histoire et sociologie des sciences, University of Pennsylvania.

Résumé

Dans le cadre de la guerre d’Algérie, la guerre froide, et des inquiétudes montantes pour les armes nucléaires, les retombées des premiers essais nucléaires français dans l’atmosphère du Sahara algérien sont devenues un enjeu international au début des années 1960s. Le site d’essai occupait un territoire colonisé et disputé, et les frontières souveraines des états africains indépendants ne se situaient pas loin. Dans quel pays atterriraient-elles les retombées sahariennes ? Quel taux de rayonnement apporteraient-elles ? Poseraient-elles un risque à la santé et aux environnements africains ? Qui pourrait y répondre de façon catégorique ? Pour aborder ces questions controversées de mesure des retombées sahariennes, se sont développés des partenariats scientifiques entre des territoires africains et des programmes nucléaires civils et militaires en Europe et en Amérique du Nord. Cette intervention s’interroge sur les motivations et déroulements de cette assistance technique en soulignant quatre réseaux de surveillance nucléaire sur l’Afrique gérés par: la Tunisie et les Etats-Unis, le Nigéria et la Grande-Bretagne, le Ghana et le Canada, et la Communauté française. Les résultats des études ont rassuré pour la plupart les scientifiques engagés, mais leurs gouvernements dans une large mesure ont invoqué le secret-défense pour limiter la diffusion des savoirs nucléaires, craignant des réactions sociales et publiques.

 

Austin R. COOPER

Austin R. Cooper est doctorant en histoire et sociologie des sciences à l’Université de Pennsylvanie et chercheur affilié au Centre pour la sécurité et la coopération internationales (CISAC) à l’Université de Stanford. Sa thèse porte sur l’utilisation française du Sahara algérien pour 17 essais nucléaires de 1960 à 1966. Ses travaux ont paru dans le Bulletin of the Atomic ScientistsOutre-Mers. Revue d’Histoire, et Arab Studies Journal.

Programme de l'année

19 novembre 2020, Maxime Launay, doctorant en histoire contemporaine, Sorbonne Université
La fabrique de la culture nucléaire française : 1978-1985, le temps du consensus

17 décembre 2020, Lucie Genay, maître de conférences en civilisation américaine, Université de Limoges
Pantex 1989-2000 : les défis de la cohabitation avec une usine d’armes nucléaires au Texas à la fin de la Guerre froide

21 janvier 2021, Becky Alexis-Martin, Lecturer en géographie humaine, Manchester Metropolitan University
« L’héritage des essais nucléaires anglais dans le Pacifique »

18 février 2021, Thomas Jonter, professeur de relations internationals, Stockholm University
The Swedish Plans to Acquire Nuclear Weapons During the Cold War 

18 mars 2021, Rens van Munster, Chercheur senior en relations internationals, Danish Institute for International Studies
The Marshall Islands and the American Trials

15 avril 2021, Austin Cooper, doctorant en histoire et sociologie des sciences, University of Pennsylvania
La mesure des essais nucléaires français au Sahara : diplomatie, coopérations, et tensions transnationales

20 mai 2021, Nicolas Badalassi, maître de conférences en histoire contemporaine, Sciences-Po Aix-en-Provence
La France face à ses partenaires européens : la question de la dissuasion nucléaire et des essais dans le Pacifique, années 1960-1970

17 juin 2021, Marie Ghis Malfilatre, maîtresse de conférences en sociologie, Université de Bretagne Occidentale
Faire la paix avec le passé ? Politiques de réparation des maladies radio-induites dans l’Amérique de l’après guerre froide