La MSH-P a, en collaboration avec la Direction de la Culture et du Patrimoine (DCP) de Polynésie ou des équipes de l’UPF, réalisé plusieurs programmes entrant dans l’axe « Les fondements historiques et culturels des sociétés traditionnelles du Pacifique »

  • « Contribution à l’étude du Patrimoine Culturel Immatériel de la Polynésie française », Ministère de la Culture et de l’Environnement, programme réalisé par Frédéric TORRENTE.

L’objet de ce programme est double : contribuer à l’étude du Patrimoine Immatériel de la Polynésie française et participer à la connaissance et à la mise en valeur du marae Taputapuatea, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO afin de contribuer au développement culturel et économique à travers le tourisme.

 

  • « Adaptation et diversité culturelle sur les atolls des Tuamotu : la tradition pour affronter les enjeux actuels et à venir », direction Eric CONTE (UPF) et Guillaume MOLLE (ANU), financé par le Contrat de Projet Etat / Polynésie française.

Ce programme de recherche porte sur plusieurs années et a débuté par deux missions de terrain sur l’atoll de Fakahina. Il devrait se poursuivre avec des travaux sur les atolls de Niau, Makatea et Ana’a.

La MSH-P a initié et porte, depuis 2018, le projet « Diversification et chaînages des langues polynésiennes de l’est » (LINKEAST) soutenu par la Délégation à la Recherche de la Polynésie française et le Laboratoire Eastco de l’UPF et dont Jacques Vernaudon est le responsable scientifique.  Il s’agit d’un  projet de collaboration internationale associant à l’UPF, le CNRS (laboratoire du Lacito), le Max Planck Institute de Iena et l’ARC Centre of Excellence for Dynamics of Language  de l’Université Nationale Australienne. Ce programme a pour objectif d’accroître la connaissance sur les processus de diversification linguistique au sein du groupe des langues polynésiennes de l’est et plus particulièrement celles de Polynésie française. Il ouvre de nouvelles perspectives en linguistique historique et en dialectologie sur cette région du Pacifique à partir d’une méthode innovante, celle de la « glottométrie historique » qui permet d’identifier et de représenter les groupes généalogiques, même lorsqu’ils s’entrecroisent (François, 2017). Depuis le lancement du programme, la principale réalisation a consisté à implémenter une base numérique de données lexicales et, pour permettre la consultation publique des données de la base LinkEast, une plateforme numérique dédiée, libre et gratuite, a été développée. Elle est opérationnelle et consultable à l’adresse suivante : http://recherche.espe.pf/linkeast/

Ces projets sont réalisés en partenariat avec la Pacific And Regional Archive for Digital Sources in Endangered Cultures (PARADISEC). Il s’agit en particulier de constituer de larges bases numériques lexicales et des archives textuelles écrites et orales dédiées à l’étude et à la valorisation des langues de Polynésie française, et de rendre ces données interopérables grâce au développement de fonctions informatiques spécialisées.

Outre la MSH-P, plusieurs composantes internes de l’UPF sont impliquées dans ces programmes : l’équipe d’accueil « Sociétés traditionnelles et contemporaines en Océanie » (EASTCO), la Bibliothèque universitaire et la Direction des systèmes d’information.

  • La base Anareo - corpus lexicographique sur les langues polynésiennes

La structuration des entrées du dictionnaire en ligne tahitien-français de l’Académie tahitienne hébergé par Anareo s’est poursuivie en 2020 (1000 nouvelles entrées validées). Avec l'aide du botaniste Ravahere Taputuarai, 150 fiches taxinomiques de plantes ont été saisies et corrélées aux noms vernaculaires disponibles dans le dictionnaire, soit 251 fiches scientifiques désormais disponibles. Grâce à un financement obtenu dans le cadre de l’AAP Actions incitatives 2020, projet ICOBOT, des photos des plantes viennent compléter ces fiches dans la base. Elles seront prochainement consultables sur le site public du dictionnaire en ligne tahitien-français. La liste complète des noms scientifiques des poissons de Polynésie française, transmise par le CRIOBE, a été versée dans la base Anareo, en prévision d’un travail de corrélation avec les noms vernaculaires. Deux nouveaux lexiques ont été ouverts dans la base Anareo, en mangarévien et en langue de Rurutu, et sont en cours d’enrichissement par des contributeurs experts. L’Atlas numérique des langues de Polynésie française, qui permet une visualisation publique des données dialectologiques de la base Anareo, propose depuis 2020 une nouvelle fonction de téléchargement des lexiques d'environ 2 500 mots pour 21 points d’enquête en Polynésie française, données issues de l’Atlas linguistique de la Polynésie française (Charpentier & François 2015) et d'une enquête complémentaire réalisée en 2019 à Fakahina par Jacques Vernaudon.

  • La base Ana'ite - Bibliothèque scientifique numérique polynésienne

Une opération de numérisation et d’océrisation du Veà porotetani, périodique en langue tahitienne édité de 1921 à 2019, a été réalisée en novembre 2020 dans le cadre d’une convention entre l’UPF et l’Église protestante mā’ohi. Les 7 500 pages des 260 numéros de ce périodique seront prochainement accessibles au public sur Ana'ite. Dans le cadre du projet Concordance co-financé par le GIS CollEx-Persée, 690 pages du Vea no Tahiti, périodique en tahitien publié par l’administration coloniale entre 1851 et 1859 et conservé par le Service du Patrimoine Archivistique et Audiovisuel (SPAA) de la Polynésie française, ont été intégralement retranscrites au format texte par des étudiants encadrés par les collègues polynésiannistes d'Eastco. Une version anastatique des textes est désormais disponible. La conversion des textes dans l'orthographe standard de l'Académie tahitienne a débuté en 2020 au moyen d'une nouvelle fonction informatique ad hoc de corrélation avec le dictionnaire de référence. Une fonction informatique de concordance a également été développée pour permettre, en partant d’un mot cible du dictionnaire tahitien, de visualiser un répertoire d’occurrences de ce mot issu du corpus de documents tahitiens convertis au format texte et dans l'orthographe standard.

  • Programme CONCORDANCE

Lauréat de l’appel à projet CollEx-Persée 2019, et piloté avec Claire Mouraby (BU-UPF). Ce projet a pour ambition de rendre interopérables les données lexicales d’Anareo et les corpus textuels déposés sur Ana'ite. En partant d’un mot du dictionnaire tahitien-français, les utilisateurs pourront visualiser un répertoire d’exemples référencés issus de textes en tahitien du XIXe et du XXe siècles.

  • La base Anavevo - Archive orale des langues de Polynésie française

Avec le soutien financier du Fonds Pacifique et de la MSH-P, et en partenariat avec la Pacific And Regional Archive for Digital Sources in Endangered Cultures (PARADISEC) et le Centre of Excellence for the Dynamics of Language (CoEDL), une archive numérique de corpus oraux dans les langues de Polynésie française est en cours de développement. La fonction de dépôt et de consultation des gros fichiers audio est désormais opérationnelle sur une plateforme en accès réservé.

En octobre 2018, une convention a été signée avec le Président de la Polynésie française pour le lancement du programme « Histoire et mémoire des essais nucléaires en Polynésie française » (2018-2020) dirigé par Renaud MELTZ (Université de Haute Alsace /CRESAT). Le projet a été prolongé jusqu'en septembre 2021.

Ce programme consiste d’une part à écrire une histoire politique des essais nucléaires à l’aide de nouvelles archives et, d’autre part, à recueillir sous forme d’enregistrements les témoignages des acteurs du CEP au sens large (vétérans polynésiens et métropolitains, hommes politiques, habitants concernés en raison de leur fonction ou de leur lieu de résidence).
Le premier axe rassemble une quinzaine de spécialistes, et le second bénéficie d’un post-doctorant basé à Tahiti, Alexis Vrignon.

Retrouvez toutes les actions menées grâce à ce projet

  • Parallèlement au programme « Histoire et mémoire des essais nucléaires en Polynésie française », la MSH-P a également mené l’étude anthropologique « Les atolls des Tuamotu au temps des essais nucléaires : le cas de Reao », dirigé par Emilie NOLET (Paris-1) et achevé en Août 2020.

Voir la présentation de l'étude réalisée

  • Le programme « Du régional au transnational, comprendre les militantismes antinucléaires par les réseaux. Comparaisons et circulations entre la Polynésie et l'Alsace » (responsable : Alexis Vrignon)

La MSH-P a été lauréate de l’appel à projets 2020 inter-MSH, en partenariat avec la MSH d’Alsace (MISHA) de ce programme dont le responsable est Alexis Vrignon. Les opérations de terrain ont débuté en 2021 avec la venue sur place du 1er mars 2021 au 30 octobre 2021de Clémence Mallochon, doctorante au CRESAT-UHA qui poursuit sa recherche au sein de la MSH-P lors d’une seconde mission en 2022. Elle a réalisé 70 entretiens à Tahiti, Moorea, Huahine et Mangareva et a consulté les archives du Service du Patrimoine Archivistique et Audiovisuel (SPA), de l'Eglise Protestante Ma'ohi, du parti Ia Mana te Nuna'a, de I’association Ora te Natura, de l'ONG Hiti Tau et d'archives privées de militants. La soutenance de sa thèse est prévue pour juin 2023.

Saisir le changement social en Polynésie française

Institutions, populations, territoires

 

Institution porteuse : Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique

Coordination : Loïs Bastide, MCF UPF (EASTCO EA4241), chercheur associé à la MSH-P

Equipe de recherche :

Loïs Bastide

Lucile Hervouet, postdoctorante MSH-P

Lauriane Dos Santos, postdoctorante MSH-P

Louise Protar, postdoctorante MSH-P

Laura Giraud, postdoctorante MSH-P

Denis Regnier, Prof. Ass UGHE

Yasmina Taerea, doctorante UPF

Anciens membres

Yuna Méloche, doctorante UPF (2018-2019)

 

Présentation

Depuis l’implantation du Centre d’Expérimentation du Pacifique en Polynésie française dans les années 1960, la société de cette communauté d’outre-mer a subi un processus de transformation profond et rapide. Or, en dépit des éclairages démographiques de l’Institut de la Statistique de Polynésie Française (ISPF), des pans importants de la société polynésienne contemporaine demeurent très mal connus des chercheur.e.s comme des pouvoirs publics. C’est vrai, par exemple, des classes populaires et du nouveau prolétariat urbain, très méconnus. Ce dernier, d’émergence récente (il se constitue à partir des années 1980), a pourtant un poids démographique très significatif dans la société polynésienne : en 2009, le taux de pauvreté monétaire relative était ainsi de 27,6 % à Tahiti et Moorea – les deux îles les plus densément peuplées du territoire – et 69,4 % des populations concernées étaient concentrées en contexte urbain (données ISPF). Historiquement, ces populations sont le produit d’un double phénomène :

– un mouvement de flux, d’abord, avec les migrations de travail, la concentration démographique des populations sur Tahiti et une urbanisation rapide, stimulées par la multiplication des emplois liée à la montée de l’ « économie du nucléaire » lors du déplacement des essais français vers la Polynésie en 1963 (Fages, 1974 ; Lextreyt, 2019 ; Merceron, 2005 ; Merceron et Morschel, 2013) ;

– un mouvement de ressac ensuite avec la fin des essais en 1996 et le tarissement de la « rente nucléaire », synonyme de contraction et de restructuration du marché de l’emploi (ISPF, 2006). Nombre de migrants se sont ainsi retrouvés « piégés » à Tahiti, dans un contexte socio-économique moins favorable. L’absence d’études qualitatives sur ce segment de population constitue un angle mort majeur dans la connaissance du territoire, qui pénalise la recherche sur un éventail très large de sujets et handicape l’action publique.

Plus largement, si les effets démographiques des mutations récentes de la société polynésienne, dans le contexte de cette modernisation à marche forcée et de l’intégration croissante du territoire dans les processus contemporains de mondialisation économique et culturelle, sont relativement bien documentés, ils restent pour l’essentiel à explorer sur un plan qualitatif.

Pour ce faire, le programme de recherche s’intéresse à cinq phénomènes sociaux, qui plongent leurs racines dans les bouleversements introduits par le CEP, dont les impacts croisés s’objectivent dans la quasi-totalité des problématiques sociologiques identifiables sur le territoire :

  1. Le fonctionnement concret de l’action publique sur un territoire où les compétences, dans le cadre d’un statut d’autonomie étendue, sont partagées entre l’Etat et le Pays, et dans un espace socio-culturel très distinct de la France métropolitaine.
  2. Les transformations des structures familiales, sous l’effet de l’extension de l’économie de marché, depuis les années 1960 et de la circulation transnationale des modèles familiaux.
  3. L’émergence des nouvelles classes populaires et les processus d’urbanisation à Tahiti
  4. La restructuration des mobilités géographiques « pré-CEP », sous l’effet notamment de l’hypercentralisation des ressources territoriales dans l’agglomération de Papeete

La question des formes contemporaines de la violence, dans le cadre de ces transformations profondes et rapides de la société polynésienne

Responsable : Lucile Hervouet

Cet axe s’intéresse à la mise en œuvre de l’action publique sur le territoire, à partir des représentations et des pratiques des acteurs impliqués en tenant compte de la diversité de leurs statuts, de leurs rattachements institutionnels ou encore de leur secteur d’activité. Nous souhaitons identifier les enjeux, les ressources et les contraintes qui structurent leur action, leur coordination et qui façonnent in fine le traitement institutionnel de problèmes publics tel que celui des violences intrafamiliales ou de la crise sanitaire actuelle.

L’action publique est particulièrement impactée par trois phénomènes conjoints :

La distribution singulière, dans le cadre du statut d’autonomie, des compétences entre le niveau territorial (le « Pays ») et l’Etat, qui conduit, dans le concret de la gestion des problèmes publics, à des problématiques récurrentes de coordination et d’attribution des responsabilités.

La très forte présence de fonctionnaires métropolitains, aussi bien dans les institutions d’Etat que dans les institutions « Pays » et la spécificité sociale et culturelle des « publics » polynésiens, qui donnent lieu à toutes sortes d’ajustements.

La très faible connaissance de la société contemporaine du territoire qui amène les autorités compétentes à importer, souvent, les politiques nationales en Polynésie française sans adaptation significative au contexte social, économique, politique et culturel local.

Projet en cours :

« L’action publique à l’épreuve des violences familiales :  »

Chargée de recherche : Lucile Hervouet

Financement : MSH-P

Budget total : 84k

Présentation :

En Polynésie française, les violences familiales – physiques ou sexuelles - sont présentées comme un fléau, notamment en raison de leur surreprésentation par rapport à l’hexagone. L’inscription de ce problème dans l’espace public s’est imposée plus tardivement qu’en métropole. Cette asynchronie invite à s’interroger sur les ressorts spécifiques de la prise en charge de ces violences, dans un territoire situé « aux confins de la République ».

En premier lieu, l’exercice en milieu ultramarin insulaire complexifie l’action de celles et ceux qui sont chargés mettre en œuvre la politique de lutte contre les violences familiales, au regard notamment de la difficulté à cerner les spécificités de la société polynésienne à cet égard. Elle leur offre aussi cependant de plus grandes marges de manœuvre au regard de l’application des procédures légales. Dans les cas du traitement institutionnel des formes d’adoption coutumières ou de la consommation de cannabis sur le territoire, des travaux ont ainsi décrit les bricolages éthiques et pratiques opérés par des professionnels de santé ou de la justice, vis-à-vis des normes métropolitaines.

En second lieu, la « colonialité du pouvoir » structure la construction des problèmes publics, d’autant plus lorsque ces derniers achoppent à des questions de genre et de sexualité. Comprendre la gestion institutionnelle du problème des violences familiales en Polynésie française nécessite de recenser les représentations de « l’Autre » colonisé. Cela semble d’autant plus important dans un territoire marqué par des mythes hérités des premiers contacts entre navigateurs européens et Polynésiens au XVIIIème siècle, décrivant une sexualité débridée, des hommes immatures et brutaux et des femmes dociles et lascives.

Responsable : Louise Protar

Cet axe s’intéresse à la transformation rapide des familles, liée au processus de « modernisation compressée » qui a emporté le territoire depuis les années 1960.

En premier lieu, dans la mesure où la parenté constitue toujours une structure d’échange de biens (matériels et symboliques) et de service, la parenté polynésienne a dû s’adapter à l’extension rapide de l’économie de marché, qui est venue bouleverser ces formes de réciprocité et de communalité.

En second lieu, les formes traditionnelles de parenté polynésiennes rencontrent aujourd’hui des modèles familiaux européens, portés par les institutions et les politiques publiques, à travers le droit de la famille, par exemple, et dans le cadre d’un métissage croissant de la population.

Il en résulte une grande pluralité des formes familiales, dans un contexte où la famille joue un rôle très structurant sur les trajectoires des individus. Cet axe vise à comprendre ces nouvelles configurations, à la croisée de la sociologie de la famille et de l’anthropologie de la parenté.

 

Projet en cours

« Faire famille » au Fenua : modernisation et transformation des pratiques et des imaginaires familiaux contemporains en Polynésie française »

Chargée de recherche : Louise Protar

Financement : MSH-P/DSFE

Budget total : 58k

Présentation :

Le projet engage un travail de fond, empirique et théorique, sur les familles contemporaines du Fenua. Il vise à explorer la pluralisation des pratiques, des aspirations et des imaginaires familiaux contemporains, à la fois entre les générations et entre les différents segments de la société de Polynésie française (urbains et ruraux ; classes populaires, moyennes, supérieures, etc.). Nous entendons ainsi saisir les décalages et les syncrétismes entre des normes familiales plurielles, et les tensions qui peuvent naître de cette « polyphonie » des normes de parenté, y compris dans le rapport entre les familles et les institutions publiques.  

Pour analyser ces phénomènes, nous envisagerons la famille comme une idéologie, d’une part, et comme un ensemble de pratiques, d’autre part :

  1. Les nouveaux contours de l’« idéologie familiale »

D’une part la famille peut être considérée comme une idéologie. C’est sans doute ici qu’il faudrait situer les approches structuralistes, qui s’apparentent finalement davantage à des études de l’idéologie familiale, que de la famille comme réalité pratique. Sous cet aspect idéologique, la famille apparaît alors comme un ensemble de règles, de normes et de valeurs qui dessinent ses contours. Ces règles, ces normes et ces valeurs prescrivent les manières socialement légitimes de « faire famille », c’est-à-dire de distribuer les positions et de réguler les relations entre parents, au sein du groupe familial. Cette idéologie familiale présente une image idéalisée de la famille, dont les pratiques familiales réelles divergent souvent, et souvent notablement. 

  1. Des « systèmes de parenté » à la parenté pratique

Florence Weber (Weber 2005) propose précisément de considérer la parenté moins comme le produit  figé de systèmes de filiation et d’alliance, mais comme des relations fabriquées quotidiennement, à travers des pratiques concrètes. De ce point de vue, la famille est moins une entité – une structure stable -, qu’un processus continu d’association. On comprend mieux dès lors la diversité des trajectoires individuelles au sein de la parenté, sur le Fenua : si l’idéologie familiale prescrit des règles, des normes et des valeurs applicables à la vie familiale, les individues s’en saisissent de manière variée, en fonction des enjeux qui sont les leurs.

En considérant les transformations contemporaines de l’idéologie familiale, les recompositions des pratiques familiales et, enfin, la manière dont ces deux dimensions se construisent mutuellement, nous serons alors en mesure de présenter une perspective actualisée sur les familles contemporaines du Fenua, dans leur pluralité.

Responsable : Laura Giraud

Cet axe porte sur l’émergence d’une nouvelle classe populaire urbaines, à Tahiti. Il s’appuie sur une enquête ethnographique au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville (situé dans la municipalité de Punaauia), dans l’agglomération de Papeete. Ce travail collectif, impliquant quatre chercheur.e.s, entend faire l’histoire de cet espace urbain (processus d’urbanisation et structuration démographique) pour appréhender les effets concrets de la montée puis du démantèlement de l’économie du nucléaire sur l’émergence d’un tissu urbain et la vie de ces populations, le plus souvent originaires des îles, qui constituent un public-cible majeur des politiques sociales. Il s’agit, ceci posé, d’éclairer dans les termes d’une sociologie processuelle les dynamiques sociales, économiques, culturelles et démographiques à l’œuvre aujourd’hui, sur ce territoire.

Projet en cours :

Chargée de recherche : Laura Giraud/Louise Protar

Financement : MSH-P/Municipalité de Punaauia

Budget total : 58k

Présentation :

Bien qu’ils apparaissent comme moteurs des évolutions récentes de la société polynésienne, les quartiers prioritaires de la politique de la ville de l’agglomération de Papeete restent à ce jour peu étudiés et relativement méconnus, sur le plan de la recherche scientifique comme du point de vue de l'action publique. Partant de ce constat, le projet de recherche développe une enquête ethnographique à Outumaoro, dans la municipalité de Punaauia à Tahiti, un espace urbain composite, agrégeant plusieurs quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Il s'agit :

1. de faire l'histoire du quartier, depuis la période CEP, pour mieux saisir les processus de transformation sociale à l'œuvre sur ce territoire particulier, dans le cadre des dynamiques sociétales à l'œuvre depuis les années 1960 au Fenua.

2. de mettre en lumière les dynamiques sociales, économiques, culturelles et démographiques contemporaines à l'œuvre dans cet espace urbain - processus d'intégration et de désaffiliation sociale, (sur)vie économique, solidarités, conflictualités, rapport au travail et à l'instruction, relation aux autorités publiques, cultures juvéniles, identités collectives, etc.

Le projet de recherche vise deux objectifs :

1. En premier lieu, l'étude vise à produire et analyser des données qualitatives sur le quartier d’Outumaoro (ethnographie, entretiens biographiques, récits de ville). Ces données et ces analyses prendront la forme d'une étude monographique et seront rendues disponibles à la municipalité de Punaauia dans le cadre d'un rapport de synthèse, qui permettra un meilleur ciblage de l'action publique.

2. En second lieu, l'enquête vise à mieux comprendre l'émergence et les propriétés du nouveau prolétariat urbain, en Polynésie française et de répondre ainsi à un enjeu de recherche majeur sur le territoire.

Pour atteindre ces objectifs, nous développons quatre axes d'enquête :

  1. Sociologie historique d’Outumaoro

Le premier axe de recherche porte sur l’histoire sociale du quartier d’Outumaoro, depuis la mise en place de l'"économie CEP" et les migrations de travail associées au "boom" de l'économie du nucléaire en Polynésie française. Un travail d'histoire orale et d'exploitation documentaire est en cours de réalisation pour comprendre les processus d'installation et d'intégration successifs au sein du quartier, au fil des décennies, avec l'arrivée continue de populations issues des "îles". Une attention particulière est portée aux relations des "migrants" aux habitants initiaux et aux propriétaires du quartier. On interroge notamment l'évolution des structures de propriété foncière, la configuration progressive des migrations familiales depuis les îles et la structuration d'un tissu économique ancré localement, mêlant économie formelle, informelle et criminalisée.

  1. Relations familiales et configurations résidentielles

L'urbanisation du quartier d'Outumaoro a donné lieu à des transactions entre les propriétaires fonciers et des populations nouvellement arrivées dans l'agglomération urbaine. Ce processus a généré des configurations résidentielles plus ou moins instables, plus ou moins consolidées, souvent très différentes de la situation dans les îles d'origine. Les familles et les relations familiales ont eu à s'adapter à cette nouvelle donne, dans un contexte socio-économique souvent contraint. Dans ces circonstances, cet axe de recherche vise à mettre en lumière l'évolution rapide des structures familiales et résidentielle afin de mieux comprendre l’organisation sociale (normes, pratiques et relations familiales) et spatiale (lien avec les parents des "îles") des familles et de l'habitat, dans un contexte où certaines familles originaires des îles résident maintenant dans le quartier depuis trois générations. Il conduit aussi à analyser les flux migratoires actuels entre Outumaoro, le Tahiti rural et les "archipels" afin de mieux saisir les modes d’intégration, de désaffiliation ou d’exclusion économique et sociale des nouveaux arrivants, et d’évaluer comment ces mobilités structurent la vie sociale du quartier.

  1. Activités économiques et stratifications sociales

Le troisième axe d'enquête porte sur le tissu économique local, à Outumaoro. Il s'agit d'interroger la nature des activités économiques - économie productive et économie domestique, économie formelle, informelle ou criminalisée, économie de survie, etc. - et la manière dont elles se combinent - pluriactivité, travail au noir occasionnel, auto-consommation, liens entre activités formelles, informelles et criminalisées, etc. A l'échelle du quartier, nous analysons la production de réseaux économiques dans lesquelles des activités économiques formelles ou informelles et des ressources économiques monétaires et non-monétaires sont produites, organisées, mises en circulation et mobilisées, à l'intérieur d'Outumaoro et au-delà, y compris le long de réseaux familiaux ou communautaires trans-îliens, voire transnationaux ou transcontinentaux (avec les diasporas tahitiennes). A l'échelle des familles et des maisonnées, nous observons la répartition des activités économiques et les modalités d'allocation des ressources, souvent sources de conflit au sein des foyers. Ces éléments permettront d'analyser les stratifications sociales générées par cette "économie de quartier" et son "arrimage" à l'économie du Pays ainsi que les mobilités sociales ascendantes ou les processus de déclassement social auxquels elles donnent lieu, à l'échelle des individus et des familles. Ils permettront aussi de comprendre les processus de ghettoïsation et de ségrégation urbaine qui ont longtemps participé à enclaver socialement, économiquement et spatialement le quartier, que la municipalité travaille aujourd'hui activement à résorber.

  1. Biographies au sein du quartier

Les trois premiers axes permettront d'établir les cadres matériels de vie à Outumaoro sur le plan de leur évolution historique et de leurs configurations actuelles. Le dernier axe doit permettre de mettre en lumière des trajectoires individuelles qui se développent au sein du quartier. Outumaoro est tout à la fois un espace matériel porteur de contraintes et de ressources spécifiques (habitat et infrastructures), un territoire de l'action publique, particulièrement active sur ce territoire (politiques de (re)développement urbain, gestion des espaces et des équipements publiques, etc.), et un espace de vie pour les habitants, qui y organisent leur existence. Ces contraintes et ces ressources déterminent les cadres dans lesquels se construisent les biographies individuelles des habitants du quartier. En identifiant les contraintes particulières auxquelles font face les habitants (discriminations résidentielles, enclavement, mépris social, déscolarisation, chômage, précarité de l'habitat) mais aussi les ressources dont ils disposent (ressources institutionnelles, solidarités intrafamiliales ou communautaires), on sera en mesure à terme de construire une typologie des trajectoires individuelles. En analysant les représentations sociales associées à ces parcours (perception de l'échec, de la réussite, relation aux institutions, au travail, à l'éducation, etc.) on sera en mesure de mieux comprendre les pratiques développées par les habitants.

Responsable : Loïs Bastide

Le troisième axe prend pour objet les formes contemporaines de mobilité, sur un territoire très étendu et particulièrement éclaté (118 îles, la plupart très petites et peu peuplées, réparties sur un territoire de la taille de l’Europe) où elles jouent un rôle crucial dans l’organisation de la société, des institutions, des familles et sur le plan individuel. Cet axe a été inauguré par une enquête en cours sur les nouvelles formes d’errance, conduite auprès des populations à la rue de Papeete et dans les « îles ». Elle démontre l’imbrication forte entre les dynamiques familiales, les migrations et la question de la propriété foncière, sur le territoire. A partir de cette première approche, cet axe développe, en s’intéressant à d’autres formes de mobilité : mobilités scolaires, familiales, ou professionnelles, entre Tahiti, les archipels éloignés, et au-delà.

 

Projet de recherche finalisé :

2020-2021 : « Sans-abrisme », mobilités familiales et accès au foncier: les paradoxes de l’errance en Polynésie française

Institution porteuse : MSH-P

Coordination : Loïs Bastide (MCF UPF, chercheur associé MSH-P)

Chargée de recherche : Yasmina Taerea

Financement : Ministère de la famille et des Solidarités/Haut-commissariat à la République en Polynésie française/MSH-P

Budget total : 43k €

Pésentation

Le projet de recherche visait à interroger le phénomène de l’errance, en Polynésie française, sous l’angle du rapport des personnes à la rue à leur milieu familial, comme analyseur des nouvelles mobilités spatiales sur le territoire. Les données disponibles témoignent du fait que, sur le fenua, 1. les personnes à la rue sont rarement en rupture totale avec leur milieu familial, comme en témoignent la fréquence des aller-retours entre la rue et des périodes d’accueil par des parents ; 2. qu’en majorité, elles ont été l’objet, enfant, d’un transfert d’enfant, sous la forme du fa’a’amura’a, de l’adoption ou du confiage ; 3. que ces personnes disposent, le plus souvent, du fait des modalités d’attribution du foncier familiale, d’un accès possible à des terres, voire à un domicile. La recherche visait à appréhender et à mieux caractériser les spécificités du « sans-abrisme », en relation à la famille, au prisme de cette triple spécificité.

En 1995, seules 40 à 50 personnes vivaient dans les rues de Papeete, contre 345 en 2019. La population des « sans domicile fixe » a ainsi été multipliée par 7 en l’espace de 24 ans. Toutes les catégories d’âge sont concernées : matahiapo, adultes, jeunes adultes et mineurs. La grande majorité de ces publics est cependant composée de jeunes hommes originaires des îles et de la presqu’île.

En moyenne annuelle, 300-400 personnes vivent ainsi à la rue depuis une dizaine d’années. Cette relative stabilité des chiffres ne doit pas masquer le fait que cette population connaît un fort taux de renouvellement, avec de constantes entrées et sorties de la « rue », provisoires ou plus durables.

Si ce phénomène n’est pas propre au territoire, il est cependant déterminé, en Polynésie, par de très fortes spécificités. Le projet de recherche a permis d’éclairer trois faits saillants :

1. La vie à la rue implique très rarement une rupture complète avec le milieu familial. En effet, les personnes effectuent régulièrement des va-et-vient entre la rue et des moments d’insertion provisoire dans l’une ou l’autre branche de la famille élargie, qui vont de séjours ponctuels, souvent à l’occasion d’un évènement familial – anniversaire, mariage, deuil, baptême, etc., à des périodes plus longues, avant un retour à la rue.

2. Les personnes à la rue disposent souvent d’un accès au foncier, voire à un domicile, par le jeu des héritages dans le contexte d’une organisation familiale de type indifférenciée. Cette disponibilité pose la question des motifs conduisant les personnes à s’inscrire durablement dans des situations d’errance. Il est rare, ainsi, de se trouver face aux formes radicales de désaffiliation ou de disqualification sociale et d’isolement que l’on peut connaître en métropole et, plus largement, dans le cadre des sociétés européennes ou « occidentales ».

3. Au sein des populations à la rue, on constate une forte prévalence de personnes ayant vécu, enfant, des expériences d’adoption ou de « confiage ». Cette sur-représentation renforce les acquis des enquêtes conduits à la MSH-P sur les violences familiales et interpelle sur le rôle du « transfert d’enfant » (sous la forme du fa’a’amura’a, de l’adoption, ou du « confiage ») dans la déstabilisation des trajectoires individuelles.

L’enquête a permis d’éclairer trois régimes mobilitaires distincts et connectés caractéristiques des populations à la rue :

1. Un régime micro-mobilitaire, restreint spatialement et temporellement, qui se déploie au niveau de l’appropriation quotidienne de l’espace urbain par les personnes à la rue, et qui met en évidence l’existence de collectifs sociaux régis par des normes, portant par exemple sur l’occupation de l’espace ou les formes de solidarité, et une géographie urbaine des pratiques à la rue (alimentation, génération de revenu, modalités d’habiter, etc.)

2. Un régime intermédiaire tissé de mobilités moins fréquentes entre la rue et la famille élargie. On a montré ainsi que le lien familial persiste malgré l’errance. Ce lien est sollicité par les personnes à la rue, pour continuer à s’inscrire dans le collectif familial d’une part, et par les familles, qui s’appuient sur leurs parents à la rue dans certaines circonstances (garde d’un parent dépendant, par exemple).

3. Un régime macro-mobilitaire, constitué par les mobilités résidentielles à l’échelle du territoire, qui voit les personnes passer par des modes résidentiels distincts, à mesure qu’ils se déplacent en raison de nécessités particulières (école, santé, « adoption », sollicitations familiales, questions foncières, etc.), qui aboutissent parfois au développement transitoire ou durable de pratiques d’errance.

Responsable : Lauriane Dos Santos

Les violences familiales constituent un problème saillant en Polynésie française. Selon les chiffres de la Gendarmerie nationale (coups et blessures volontaires sur personnes de plus de 15 ans au sein de la sphère familiale), la Polynésie est en effet le territoire français le plus affecté par les violences intrafamiliales, avec, au surplus, des chiffres en augmentation régulière. Selon ces données, les violences intrafamiliales représentaient 70 % de l’ensemble des violences aux personnes en 2015. Les faits constatés sont passés à 2 656 en 2016, soit un taux de 7,31 cas pour 1 000 habitants localement contre 4,51 au niveau national. En 2017, 1 936 cas de « violences physiques non crapuleuses » ont été recensés, pour une large part au sein des familles, en légère augmentation par rapport à 2015 et 2016. En 2019, les atteintes sexuelles ont augmenté de 50 %, en particulier au sein des familles.

Même s’il convient de souligner la fragilité de ces chiffres, liée pour partie aux modalités de leur collecte et à la fragilité des catégories et des définitions employées, la spécificité du territoire paraît donc bien attestée en matière d’atteintes aux personnes dans le cadre familial. Or, très peu de recherches ont été menées sur la question.

Considérant l’importance des violences familiales dans toute leur variété, cet axe vise à éclairer les dynamiques de violence au sein des familles et à produire des savoirs utiles à la conception et la conduite des politiques publiques en la matière.

Présentation du projet

​​​​​​​Direction d’ouvrage

2022 (en production) Bastide, L. et Reigner D. Family violence and social change in the Pacific islands. Londres, Routledge.

​​​​​​​Publications dans des revues à comité de lecture

2022 (à paraître) Hervouet, L. « Qui suis-je pour juger ? La construction sociale du silence autour des violences sexuelles intrafamiliales en Polynésie française ». Terrains et Travaux n°40 (juin).

​​​​​​​Chapitre d’ouvrage

2022 (en production) Bastide, L. “Transferred children and the production of family violence in French Polynesia: social change and the adaptations of fa’a’amura’a” in Bastide, L. et Reigner D. (eds) Family violence and social change in the Pacific islands. Londres, Routledge.

​​​​​​​Rapport de recherche publié

2020  Bastide, L. « Les violences familiales en Polynésie française : entrer, vivre et sortir de la violence », INJEPPR 2020/15 Paris, INJEP.

​​​​​​​Organisation d’évènements scientifiques

2019 Organisation (Bastide L. et Reignier D.) du colloque international Family violence and social change in Pacific islands societies. 12-14 novembre 2019, UPF. Keynote speaker : Michel Wieviorka.

​​​​​​​Communications scientifiques

Communications sur invitation

2021 Bastide, L. « Violences familiales en Polynésie française : définir, mesurer, contextualiser » Webconférence Violences subies dans le cadre familial : parcours juvéniles et entrée dans l’âge adulte.  6 mai, INJEP.

Colloques et journées d’étude

2022 Hervouet, L. « Les travailleurs sociaux face aux violences intrafamiliales en Polynésie française », Colloque international porté par le GIS Hybrida IS : Transformations des activités et des métiers du secteur social. Travail des frontières dans l'intervention sociale et la recherche, Rennes, 18-20 mai 2022.

2021 Hervouet, L. « ‘‘Enrôler’’ des adolescentes dans une enquête sociologique sur la famille polynésienne », Journée d'étude : Penser les familles par le prisme des enfants, Université Paris Dauphine, 14 déc. 2021. 

Hervouet, L. « Les violences conjugales sont-elles le problème des femmes ? Construction et angles morts de l’action publique contre les violences intrafamiliales en Polynésie française. » Colloque Ignorance scientifique, ignorance de genre ? La construction genrée des problèmes de santé publique, Rennes, 10 déc. 2021.

Hervouet, L. « Violences intrafamiliales et changement social en Polynésie française ». 4èmes conférences de la recherche en Polynésie française, Université de la Polynésie française, 2 déc. 2021

Dos Santos, L. « Le vieillissement de la population et ses enjeux en Polynésie française : approche sociologique à partir d’une enquête en cours », Conférences de la Recherche en Polynésie française - 4ème édition. 2 décembre, UPF.

2019 Bastide, L., Reigner, D. « Jeunesse, dépendance et sortie de la violence familiale à Tahiti », colloque international Violences familiales et changement social dans les sociétés insulaires du Pacifique, 12-14 novembre, UPF, Tahiti.

2018 Bastide, L. Regnier, D., Méloche, Y. “Comprendre les violences familiales en Polynésie française : enjeux et hypothèses”, congrès du PIURN, 8-10 octobre, UPF, Tahiti.

Séminaires de recherche

2022 Dos Santos, L. « Enquêter sur les liens familiaux et la régulation des solidarités familiales. Approche qualitative au prisme de deux enquêtes de terrain (Brésil/Polynésie française) », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS Paris), séminaire de recherche de Serge Paugam (Directeur d’études EHESS Paris, Directeur de recherche CNRS), intitulé « L’attachement social. Principes de la solidarité humaine », 14 janvier, Centre Maurice Halbwachs

2021 Dos Santos, L. « Comment les familles polynésiennes s’organisent-elles face à la perte d’autonomie d’un parent âgé ? Approche sociologique à partir des pratiques économiques familiales et du travail domestique », 12 novembre, Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique (MSH-P) | Université de la Polynésie française/CNRS

​​​​​​​Rapports de recherche non-publiés

2022  Taerea Y., Bastide, L. « Errances et pratiques spatiales des sans domicile fixe en Polynésie française » Ministère de la Famille et des Solidarités.

​​​​​​​Diffusion au public

2022 Bastide L., Hervouet L. « Violences intrafamiliales en Polynésie française. Résultats de l’étude quantitative », restitution des résultats auprès du ministère de la santé et de professionnels de santé, Université de la Polynésie française, 14.

Programme « Cancer du sein en Polynésie française et retard à la prise en charge : vécu et déterminants du parcours de soin »
Responsable Lucille Chauveau

La Ligue contre le cancer de Polynésie française a alerté la MSH-P sur une particularité de la situation du traitement du cancer du sein en Polynésie : faute d’un dépistage et d’une prise en charge aussi précoces qu’en métropole, le taux de guérison à 5 ans n’est que de 5 à 6 femmes sur 10 alors qu’il est de 9/10 en métropole. Il s’agit donc d’une question de santé publique majeure. Il a semblé intéressant, au-delà des raisons matérielles de frein au dépistage et au traitement (éloignement des centres médicaux, absence de mammographe, etc.) de tenter de mettre en évidence d’éventuels freins culturels et psychologiques (pression des conjoints, pudeur, manque de confiance en la médecine occidentale et recours aux traitements traditionnels…) pouvant expliquer le retard dans le dépistage comme dans la prise en charge thérapeutique.

Aussi, la MSH-P a décidé, en mai 2021, de confier la réalisation de ce programme au Dr Lucille Chauveau et de le conduire sur fonds propres. Pour l’instant, l’étude d’anthropologie médicale a été menée sur Tahiti et Mo’orea et nous pensons solliciter le Ministère de la Santé de Polynésie ou l’Institut du Cancer pour un concours financier afin d’étendre l’étude à plusieurs îles et archipels de Polynésie pour obtenir une dimension comparative.